Mesdames et Messieurs du Congrès, Honorables Juges de la Cour Suprême, Membres de mon cabinet, Honorables invités, au Peuple américain ainsi qu'à nos amis du monde entier qui nous regardent,
Je vais faire part en toute clarté de mes convictions. La Maison Blanche, c'est là que le Président Bridges a vécu, mais ce n'était pas sa maison, pas plus que ce n'est la mienne. C'est la mission de la Présidence, celle de la démocratie américaine. Et, bien que le programme du Président Bridges doive être respecté, ma tâche n'est pas de protéger l'héritage d'un homme. On m'a confié le soin de continuer à protéger l'héritage d'une nation, en ce qu'elle a de meilleur. Une nation dont l'histoire magnifique et loyale gouvernera l'avenir.
Une ombre pèse sur nous, celle du deuil, de l'absence, celle de l'incertitude. Et si cette ombre peut quelques temps nous dissimuler le soleil, elle ne saurait l'éteindre. Ce soleil, comme notre liberté et la démocratie ne disparaîtront jamais. La résistance est ce qui définit notre caractère. Et le caractère d'une nation ne se jugera pas à ses chefs, mais à son peuple. Le peuple comme le soleil, c'est la constante. C'est pourquoi je dis au peuple de cette nation, je suis humble devant votre grandeur, humble devant l'histoire qui se fait aujourd'hui, humble devant le fait que je sois la première femme à occuper cette fonction, humble devant toutes les responsabilités qui reposent sur moi. Je promets solennellement de défendre notre constitution. Je reconnais, comme l'a dit Harry Truman, que les responsabilités d'une grande nation sont de servir le monde, pas de le dominer. Il est clair que le respect des Droits de l'Homme n'est pas une notion réservée au monde libre, mais c'est néanmoins la responsabilité du monde libre que de le faire appliquer.
Dieu sait que vous et moi, nous avons versé des larmes ces derniers jours. D'autres larmes viendront. Mais maintenant il faut nous tourner vers l'avenir. Et je ferai de mon mieux pour vous y conduire. Je marche avec vous.
Je demande au Congrès, je demande à la Cour, je demande à mon Cabinet, je demande au peuple des Etats-Unis d'Amérique d'avancer avec moi, maintenant, sans tergiverser car, en restant unis, nous saurons défendre notre souveraineté dans sa grandeur. Dieu bénisse Theodore Roosevelt Bridges, qu'il l'accueille parmi les Justes et qu'il repose en paix. Et Dieu bénisses les Etats-Unis d'Amérique. Merci,